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"Mardi noir" en France contre la réforme des retraites
information fournie par Reuters 07/03/2023 à 12:43

Des gens passent devant des affiches à Bouguenais appelant à la grève et à des manifestations contre le plan de réforme des retraites du gouvernement

Des gens passent devant des affiches à Bouguenais appelant à la grève et à des manifestations contre le plan de réforme des retraites du gouvernement

par Blandine Henault et Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - La sixième journée de mobilisation contre l'impopulaire projet gouvernemental de réforme des retraites semblait très suivie mardi, notamment dans les transports et l'énergie, alors que les syndicats ont appelé à mettre le pays à l'arrêt.

Les organisations syndicales, unies dans leur rejet du relèvement de 62 à 64 ans de l'âge légal de la retraite, entendent profiter de ce nouvel acte pour durcir le mouvement entamé en janvier.

Selon la CFDT, quelque "320 points de rassemblements" étaient prévus y compris "dans des endroits où il y en a jamais eu" avec des défilés annoncés de Paris à Marseille en passant par Nice, Montpellier et de plus petites villes comme St Lo (Manche), Valenciennes (Nord) et Calais (Pas-de-Calais).

"Les gens en ont marre, ils sont épuisés, ils voient autour d'eux plein de collègues qui n'arrivent pas à l'âge de retraite légale actuel, donc comment espérer qu'ils aillent jusqu'à 64 ?Nous c'est 64 et nos enfants ce sera quel âge, 66 ?", a dit à Reuters Jessica Trocme, 41 ans, déléguée syndicale dans un supermarché Lidl à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

Selon les médias français et des messages sur les réseaux sociaux, des rassemblements ont eu lieu sur des ronds-points depuis le début de la matinée.

"Je pense qu'on va mettre plus de deux millions de personnes dans la rue aujourd'hui", a déclaré sur RTL Frédéric Souillot, secrétaire général de Force ouvrière.

L'intersyndicale espère une mobilisation encore plus importante que lors du 31 janvier qui avait mis quelque 1,3 million de personnes dans la rue, selon le ministère de l'Intérieur.

ROUTIERS, ENSEIGNANTS, ÉBOUEURS...

Les expéditions sur les sites de TotalEnergies étaient stoppées mardi, sans entraîner dans l'immédiat de problèmes à la pompe, a indiqué un porte-parole du groupe pétrolier.

"Nos actions vont faire que, très rapidement, de très grosses difficultés d'approvisionnement vont être rencontrées", a toutefois prévenu Lionel Ardiol, élu CGT chez ExxonMobil sur le site de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) alors que plusieurs raffineries en France ont entamé une grève reconductible.

Dès vendredi, la CGT Mines et Energie (FNME-CGT) avait entamé une grève reconductible, suivie dimanche par la Fédération nationale des transports et de la logistique (FNTL) qui a appellé les routiers à se mettre en grève "pour une durée illimitée".

A la SNCF et à la RATP, le trafic était "très perturbé" mardi, avec un TGV et TER sur cinq annoncés, et le mouvement devrait se poursuivre mercredi, les syndicats des deux entreprises ayant aussi appelé à reconduire la grève.

Le trafic aérien dans les aéroports parisiens devait être réduit mardi et mercredi de 20% à 30%.

Dans l'enseignement, le ministère de l'Éducation nationale a fait savoir à la mi-journée que le taux de grévistes chez les enseignants, tous niveaux confondus, était de 32,71%.

Les syndicats ont appelé à une mobilisation mercredi à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, ces dernières étant considérées comme les plus affectées par la réforme, selon les détracteurs du texte.

Grève aussi chez les éboueurs, notamment à Paris où les services de nettoyage et de collecte des déchets était "très perturbés", selon l'adjointe à la maire Colombe Brossel.

DÉBAT SUR LE REPORT DE L'ÂGE LÉGAL AU SÉNAT

Jusqu'à présent, le gouvernement a fait profil bas face à la contestation, laissant l'examen du projet de cette réforme se dérouler au Parlement, où les sénateurs débattent jusqu'à dimanche.

Les élus de la chambre haute, où la droite est majoritaire, espèrent examiner, et peut-être voter, ce mardi sur l'article 7 de la réforme - qui en compte 20 - relatif au report de 62 à 64 ans de l'âge légal de la retraite.

Cette mesure-phare est rejetée par une large majorité de Français, selon tous les sondages d'opinion.

L'intersyndicale rejette la responsabilité du blocage sur le gouvernement et l'absence de réaction de celui-ci face à la contestation.

"On ne peut pas avoir ce silence maintenant qui dure depuis deux mois", a déploré lundi le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, qui préfère des actions ponctuelles aux grèves reconductibles défendues par la CGT et FO.

"L'objectif est que le gouvernement retire son projet de réforme. Point final", a dit sur Franceinfo le leader de la CGT, Philippe Martinez. "La responsabilité [des blocages], elle incombe uniquement au gouvernement."

L'intersyndicale devait se réunir en fin de journée pour décider des suites à donner au mouvement.

Face à la contestation, l'argument de la survie financière du système de retraites reste le mot d'ordre du gouvernement.

"J'entends que peu de Français aient envie de travailler deux ans de plus mais c'est une nécessité pour préserver notre système de retraites", a plaidé lundi soir la Première ministre Elisabeth Borne sur France 5.

VOIR AUSSI:

ENCADRÉ-France/Retraites-Principaux appels à la grève mardi, journée "noire" en vue

(Rédigé par Blandine Hénault et Elizabeth Pineau, avec la contribution de Marc Leras à Marseille, Benjamin Mallet à Paris et Stéphane Mahé à Saint-Nazaire)

1 commentaire

  • 07 mars 13:35

    Ils feraient mieux de supprimer un jour férié pour financer le système, Noël peut-être ?...


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